Depuis quelques mois, le conflit sur les gaz de schiste a pris force de symbole. Plusieurs y voient le signe d’un affrontement tectonique entre deux visions du monde. Notre avenir se joue entre deux conceptions opposées de l’économie, de l’utilisation des ressources, du politique et du bien commun : celle des énergies sales, contre celle des énergies propres.
L’exploration des gaz de schiste au Québec se trouve ainsi au confluent de différents maux déjà associés aux énergies fossiles, avec plusieurs nouvelles problématiques en prime. Voyons-en quatre :

1. Le mépris des citoyens que l’on dépouille de leurs droits les plus fondamentaux à gérer leur territoire. La Loi des mines permet d’empiéter sur tous les terrains et de saisir le sous-sol de ses ressources, sans égard aux habitants, aux propriétaires, ni même aux municipalités, qui doivent par contre assumer les coûts engendrés par les routes défoncées et les infrastructures surtaxées.

2. L’appropriation du bien commun aux mains d’une élite usant de manœuvres à odeur de clandestinité et de délits d’initiés. La recherche sur les ressources en hydrocarbures a d’abord été menée chez Hydro-Québec, aux frais des contribuables. Une fois les gisements trouvés, les secteurs prometteurs ont alors été soldés en secret aux amis du pouvoir, à 0,10 $ l’hectare, contre plusieurs milliers de dollars l’hectare ailleurs dans le monde.

3. Des technologies défaillantes avec émanations furtives, fuites incontrôlées, contaminations prévisibles de l’eau, du sol et de l’air. Au Québec, 19 des 31 puits d’exploration pour les gaz de schiste montrent des fuites. Imaginez maintenant sept mille puits couvrant demain la vallée du St-Laurent, avec des milliers d’autres s’étendant vers l’est jusqu’à Gaspé…

4. La course à la catastrophe climatique et l’effondrement écologique. La filière des hydrocarbures, comme celle du nucléaire, appartient à une époque révolue où l’on ignorait l’impact néfaste des polluants atmosphériques et toxiques sur les générations futures. Qui pourra prétendre dans vingt ans que nous ne connaissions pas les dangers des énergies fossiles? Nos enfants cracheront-ils sur nos tombes?

 

 

La culture du secret…

Ça y est, on «  fracture » dans le rang sud. Après les tours d’avions, les bâtons de dynamite, la grande tour, voilà le défilé des camions-citernes. Personne n’est vraiment au courant au village, mais en allant sur Internet j’ai pu constater que c’était de cela qu’il s’agissait. Le maire ne veut pas me répondre, les agents d’assurance ne sont pas au courant, les voisins n’osent pas parler et moi j’ose pas m’adresser aux gars de la compagnie…

Pourquoi tous ses secrets? Pourquoi les contrats entre les gazières et les différents ministères ne sont-ils pas rendus publics, du moins dans leurs grandes lignes? Pourquoi les certifications d’autorisation des gazières auprès des différents ministères ne seraient-elles pas mises en ligne? Pourquoi les ententes conclues entre certains maires et les gazières ne filtrent pas? Pourquoi ne sont-elles pas connues de tous les élus municipaux?

Pourquoi les baux de location entre propriétaires terriens et gazières semblent tous assortis d’une clause de confidentialité? Seraient-ils si compromettants? Pourquoi les ententes-cadres conclues entre l’Union des producteurs agricoles (UPA) et Gaz Métro, de même que celles entre l’UPA et les compagnies gazières, ne sont-elles pas rendues publiques?

Pourquoi les ententes entre les municipalités qui traitent les eaux et les gazières ne sont-elles pas connues? Pourquoi les certificats d’analyse avant et après traitement des eaux ne seraient-ils pas disponibles à la population? Pourquoi ne parle-t-on pas des boues de forage? Où sont-elles traitées et enfouies? Des analyses micro-biologiques et isotopiques sont-elles ou non effectuées sur ces boues? Pourquoi les additifs qui servent au forage et à la fracturation ne sont-ils toujours pas divulgués? Et ce, en dépit de la loi sur l’eau (Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection, 2009) et celle sur la qualité de l’environnement du Québec?…

Y aurait-il quelque chose à cacher?

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